Jun 162017
 

Chronique de Sylvain Cazard, Vice-Président de VMware en France

Le bien-être au travail est devenu un indicateur pour les entreprises. La motivation et la productivité en dépendent. Le travail doit s&#rsquo;adapter au mode de vie moderne. Les changements provoqués par les technologies perturbent les habitudes des employés, en retour elles peuvent apporter un équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Pourquoi devrions-nous choisir entre bien être et efficacité quand il est possible de concilier les deux?

Ecoutons les employés, leurs avis valent de l&#rsquo;or. De la même manière que les utilisateurs notent un service, les employés évaluent leur entreprise. La notation est un des marqueurs de notre époque, les entreprises s&#rsquo;en emparent pour se comparer et surtout pour s’améliorer. Dans un monde en mutation sous l&#rsquo;effet des innovations technologiques, les repères bougent constamment et l’immobilisme n’est plus de mise. En décembre 2016 le site d&#rsquo;offres d&#rsquo;emplois Glassdoor a publié les classements des 25 sociétés technologiques où il fait bon travailler. Au-delà du fait que je me réjouisse que VMware fasse partie du classement, ces notations sont révélatrices de l&#rsquo;importance qu&#rsquo;on accorde, non sans raison, au bien-être des employés. L&#rsquo;entreprise comme les employés ont tout à y gagner. Une étude du département d&#rsquo;économie de l’Université de Warwick au Royaume-Uni a confirmé que le fait d’être heureux au travail augmentait la productivité de près de 12%. Le bien-être au travail est un atout dans la course à l&#rsquo;innovation car les employés motivés sont beaucoup plus créatifs (étude de l&#rsquo;Université de Californie).

Le bien -être au travail est un critère d&#rsquo;attractivité. Les entreprises ne manquent pas l&#rsquo;occasion de célébrer les résultats des enquêtes de type «Great Place to work» afin de se rappeler au bon souvenir des futurs embauchés et surtout auprès de la génération «millenials». Cette génération, qui représentera 1/3 de la population active en 2020, se montre particulièrement exigeante envers les entreprises. Selon une étude PWC, 65% des «millenials» jugent que les méthodes de travail traditionnelles et la faible utilisation des nouvelles technologies nuisent au développement de leur potentiel. Ils privilégient bien souvent l&#rsquo;ambiance au travail avant le salaire et aspirent à une forme de «feel good management» imaginé par les startups de la Silicon Valley. Les journalistes Robert Levering et Milton Moskowitz à l&#rsquo;origine de «Great Place to work» expliquaient en 1984 que les fondements d&#rsquo;une société où il fait bon travailler reposent sur la confiance, la fierté et la solidarité. Ces valeurs sont intemporelles mais le cycle de transformations permanentes que nous vivons les rend plus difficiles à respecter. Nous devons donc repenser la manière de manager en conséquence en s&#rsquo;inspirant d&#rsquo;autres expériences comme par exemple le «management by design» que j&#rsquo;évoquais dans un précédent billet. Ne nous trompons pas le bien-être au travail n&#rsquo;est pas synonyme de laisser aller. Il doit s&#rsquo;accorder à la mission et aux objectifs de l&#rsquo;entreprise. Il est plus facile de maintenir un bon climat de travail quand les objectifs sont en voie de réalisation. C&#rsquo;est toute la difficulté du management de se montrer bienveillant tout en veillant à l&#rsquo;atteinte des objectifs.

Attention de ne pas déshumaniser l&#rsquo;entreprise par l&#rsquo;usage abusif des technologies. Difficile de prendre du plaisir au travail après avoir passé en moyenne 7h par semaine dans les transports. Difficile d&#rsquo;apprécier nos nombreux jours de congés si le travail s&#rsquo;est accumulé pendant notre absence et que l&#rsquo;on doit être autant productif en moins de temps. Difficile d&#rsquo;être serein quand il faut concilier les agendas professionnels avec les rythmes scolaires. Sous ses aspects le numérique vient à notre rescousse. Il ouvre la voie à un monde du travail plus collaboratif, plus mobile, plus flexible et par conséquent mieux adapté à nos modes de vie. Les technologies d&#rsquo;aujourd&#rsquo;hui sont à même de garantir une continuité de l&#rsquo;espace de travail indépendante de la localisation. Encore faut-il que l&#rsquo;organisation ait été revue en conséquence. La mise en œuvre de ces outils numériques doit être accompagnée de formation pour être perçue comme une amélioration des conditions de travail et non vécu comme une nouvelle contrainte. N&#rsquo;oublions pas que la richesse du travail repose en grande partie sur les liens sociaux que l&#rsquo;on tisse dans l&#rsquo;entreprise. Les outils du numériques doivent prolonger et augmenter ces liens en aucun cas les supprimer. Le travail à distance et la mobilité ne doivent pas être prétexte à fuir le bureau. A nous de trouver le juste équilibre et rendre nos bureaux plus attractifs pour que les employés retrouvent l&#rsquo;envie d&#rsquo;y travailler.

Veillons à provoquer ces moments de rencontres physiques qui renforcent l&#rsquo;appartenance à l&#rsquo;entreprise et qui favorisent le partage. Le bonheur au travail c&#rsquo;est aussi se sentir chez soi dans l&#rsquo;entreprise. Sans doute une mission pour les Chief Happyness Officers qui commencent à rejoindre les entreprises.

Lire aussi mon précédent billet “Transformation numérique : attention à l&#rsquo;overdose”

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